Pré­cis de Magie Végé­tale

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Thym

thymus vulgarisThy­mus vul­garis — Labiée
Farigoule, Barigoule, Frigoule, Pote

Le thym est une des plantes les plus employées en médecine depuis les temps les plus anciens en Egypte, en Etrurie, en Grèce, et dans l’Empire Romain. D’anciens écrits en témoignent : «le thym ser­po­let est avant tout épicé et source de chaleur. Il favorise la mic­tion et les règles, empêche les fausses couches et accélère, lors d’accouchements nor­maux, le pas­sage du bébé hors de l’utérus.»

Hilde­garde de Bin­gen men­tionne le thym ser­po­let comme remède con­tre la lèpre, la paralysie et les mal­adies des nerfs.

Par­ties utilisées

Feuilles et som­mités fleuries. On le récolte quand il est en fleur, de mai à sep­tem­bre. Celui que l’on cueille sous le soleil de midi est plus efficace.

abeille thymOrig­ines

Le thym est orig­i­naire du bassin méditer­ranéen; on le trouve en en abon­dance dans tout le midi de la France, en Espagne, au Por­tu­gal et en Italie, sur les collines arides jusqu’à 1500m. Il a besoin de soleil, c’est pourquoi on le trouve dans des endroits pier­reux où les sols reflè­tent une chaleur par­ti­c­ulière­ment importante.

Le ser­po­let, ou thym sauvage (thy­mus ser­pyl­lum), la farigoule des provençaux, présente les mêmes indi­ca­tions que le thy­mus vul­garis et s’emploie de la même manière.

Il con­tient, selon les espèces, de 0,1 à 1,5% d’huile essen­tielle. Il existe de nom­breuses var­iétés de thym, en fonc­tion du sol, de son ori­en­ta­tion, du cli­mat, du con­ti­nent… En France, on retient une dizaine de types de thy­mus vul­garis, suiv­ant leur dom­i­nante chim­ique (thyms à thy­mol, car­vacrol, à géran­iol, à linalol, à ter­pinéol, à thuyanol). Les effets thérapeu­tiques restent cepen­dant assez similaires.

Pro­priétés en usage interne

  • Stim­u­lant général, physique et psy­chique, de la cir­cu­la­tion capillaire
  • Tonique nervin
  • Apéri­tif, digestif
  • Hyper­tenseur
  • Anti­spas­mod­ique
  • Bal­samique, expectorant
  • Anti­sep­tique intesti­nal, pul­monaire, génito-​urinaire
  • Stim­u­lant de la leu­co­cy­tose (taux de glob­ules blancs dans le sang) dans les mal­adies infectieuses
  • Diuré­tique
  • Sudori­fique
  • Emmé­n­a­gogue (qui provoque et régu­larise les règles)
  • Carmi­natif, vermifuge
  • Hyp­no­tique léger

Pro­priétés en usage externe

  • Anti­sep­tique et bactéricide
  • Antiven­imeux
  • Antipu­tride
  • Cica­trisant
  • Révul­sif
  • Antirhu­ma­tismal
  • Par­a­siti­cide

Indi­ca­tions en usage interne

  • Asthénie physique et psy­chique, angoisses
  • Anémie
  • Hypoten­sion
  • Toux con­vul­sives, affec­tion pul­monaires, affec­tions dues au refroidisse­ment (grippe, rhume de cerveau, cour­ba­tures, fris­sons, angines…)
  • Atonie diges­tive (diges­tion lente)
  • Infec­tions intesti­nales et urinaires
  • Fer­men­ta­tions, flatulences
  • Mal­adies infectieuses
  • Furon­cu­lose
  • Rhu­ma­tismes
  • Trou­bles circulatoires
  • Sup­pres­sion acci­den­telle des règles
  • Leu­c­or­rhées
  • Par­a­sites intestinaux

Indi­ca­tions en usage externe

  • Der­matoses, furon­cles, plaies
  • Leu­c­or­rhées
  • Soins den­taires et buccaux
  • Fatigue générale (bains)
  • Rhu­ma­tismes artic­u­laires et mus­cu­laires, goutte, arthritisme
  • Chute des cheveux
  • Anti­sep­tie cutanée
  • Pédicu­lose (les poux de tête et du corps), gale

Mode d’emploi en usage interne

  • Infu­sion: Une branche par tasse. Faire bouil­lir quelques sec­on­des et infuser 10 min­utes. Sucrer ou non (de préférence au miel). 3 à 4 tasses par jour, entre ou après les repas
  • Infu­sion (Maria Treben) : Lors de mal­adies des voies res­pi­ra­toires, d’engorgement des bronches grave et d’asthme bronchique, même en cas de coqueluche, le thym ser­po­let est un remède qui a fait ses preuves en asso­ci­a­tion avec le plan­tain, à parts égales. Une cuillerée à café de thym et de plan­tain par tasse, avec une tranche de cit­ron. Laisser infuser 1/​2 minute; la tisane doit être bue très chaude. Il faut la pré­parer fraîche 4 à 5 fois par jour.
  • Huile essen­tielle: 3 à 5 gouttes, 3 fois par jour, en solu­tion alcoolique ou sur des pastilles neu­tres
  • Au matin, en rem­place­ment du café ou du thé : Qui boit le matin une tasse de tisane de thym ser­po­let au lieu de son café habituel, ressen­tira très vite son action bien­faisante: esprit frais, estomac sain, plus de toux mati­nale et sen­sa­tion générale de bien-​être.
  • Mari­nade: Faire macérer dans 1/​2 litre de vin blanc, un bou­quet de thym, un de sar­ri­ette, quelques échalottes, 3 ou 4 gousses d’ail, 2 feuilles de lau­rier, quelques clous de girofle et ajouter 250g de sel et 15g de poivre moulu.

Mode d’emploi en usage externe

  • Pom­made (der­ma­tolo­gie, rhu­ma­tismes, douleurs mus­cu­laires, toux)
  • Solu­tion savon­neuse pour la dés­in­fec­tion des mains
  • Décoc­tion dans l’huile d’olive, en com­presses sur les plaies
  • Con­tre les piqures d’insectes et mor­sures de ser­pent : huile essen­tielle ou plante frois­sée (traite­ment d’appoint)
  • Cat­a­plasme con­tre les algies rhu­ma­tismales, hacher du thym, le faire chauf­fer dans un récip­i­ent, le met­tre dans une gaze et appli­quer chaud
  • Coussin de thym : Faire des coussins avec les fleurs et les tiges séchées. Avant de se coucher, ce coussin est réchauffé et posé sur l’estomac ou le bas-​ventre. Pour les cram­pes d’estomac, celles causées par les règles. En cas de tumeurs et de meu­tris­sures, de rhu­mas­tismes anciens, ces coussins sont égale­ment recommandés.
  • Bain aro­ma­tique (Jean Val­net) : 500g de thym bouilli dans 4 litres d’eau, ajoutés à l’eau du bain (arthritisme, goutte, rhu­ma­tisme, asthénie, de plus ce bain flu­id­i­fie les mucosités et facilite l’expectoration).
  • Bain com­plet (Maria Treben): Met­tre 200g de thym séché à macérer pen­dant la nuit dans un seau (6 à 8 litres d’eau). Réchauf­fer l’eau le lende­main et la verser dans l’eau du bain. La durée du bain est de 20 min­utes et le coeur doit se trou­ver en dehors de l’eau. Plus d’un enfant agité et énervé à pu dormir d’un som­meil tran­quille après un bain au thym ser­po­let. Les per­son­nes surex­itées et dépres­sives se sen­tent bien après de tels bains.
  • Décoc­tion con­cen­trée: une poignée pour 1 litre d’eau. Bouil­lir à réduc­tion de moitié. Tonique du cuir chevelu, empêche ou arrête la chute des cheveux
  • Den­ti­frice: Thym sec pul­vérisé, mélangé à part égale avec de l’argile. For­ti­fi­ant des gencives
  • Den­ti­frice dés­in­fec­tant (Mau­rice Mességué): Met­tez 100g de thym à macérer quelques jours dans 1/​2 litre d’eau de vie et frot­tez chaque jour dents et gen­cives en trem­pant votre brosse dans cet alcool de thym.
  • Huile de thym : Rem­plir une bouteille, sans forcer, d’épis de fleurs cueil­lis au soleil de midi. Recou­vrir d’huile d’olive pressée à froid, de sorte que l’huile recou­vre de 2 doigts les fleurs. Laisser reposer 14 jours au soleil et fil­trer. L’huile de thym ser­po­let est util­isée con­tre la paralysie, les attaques d’apoplexie, la sclérose en plaques dis­séminées, l’atrophie mus­cu­laire, les rhu­ma­tismes et les foulures.
  • Tein­ture de thym : Rem­plir un bouteille d’épis de fleurs ceuil­lis au soleil de midi (mais sans forcer), recou­vrir d’eau-de-vie de grain ou de fruits à 3840% et laisser reposer au soleil 14 jours et fil­trer. En fric­tion pour for­ti­fier les mem­bres et les enfants mal­in­gres, recom­mandé égale­ment aux per­son­nes atteintes de scléroses en plaques disséminées.
  • Bien d’autres usages sont décrits dans la Phar­ma­cie du Bon Dieu de Maria Trében. Pour aller plus loin, n’hésitez pas à vous pro­curer cet excel­lent ouvrage.

Risques

Mis à part son effet hyper­tenseur qui en inter­dit l’usage aux per­son­nes souf­frant d’hypertension, je ne lui con­nais pas d’effets indésirables.


Et pour finir, je ne peux résis­ter au plaisir de citer Mau­rice Mességué, qui sait si bien par­ler des simples :

«Je vous dirais seule­ment: si vous utilisez sou­vent du thym sous toutes ses formes, dans votre vie, vous vous épargnerez bien des grippes et autres mis­ères (pas toutes sans doute) et vous entre­tien­drez ainsi votre santé. Peut-​être ne vous en douterez-​vous même pas car il est dif­fi­cile de savoir quand on l’a échap­pée belle !

Pra­tiquez donc le thym comme une hygiène. D’abord, et c’est le plus agréable, n’oubliez jamais le brin de thym dans le bou­quet garni que vous glis­sez dans les soupes et les ragoûts. Emiet­tez des feuilles de thym dans les farces, mettez-​en dans les mari­nades, et sur les vian­des au gril. Si on l’utilise beau­coup dans les pays chaud, c’est juste­ment parce-​que les ali­ments y sont les plus frag­iles et acces­si­bles aux microbes. Ne vous êtes-​vous jamais demandé com­ment cer­taines vian­des mar­inées plusieurs jours gar­daient leur fraîcheur au temps où les réfrigéra­teurs n’existaient pas ? Le brin de thym qui trem­pait dans la mari­nade mon­tait la garde: le microbe dérour­nait son chemin.

Con­som­mez aussi le thym en tisane: une branche pour un bol d’eau bouil­lie. On peut en pren­dre jusqu’à trois ou qua­tre tasses par jour loin des repas ou le matin en guise de thé. Sucré avec du miel c’est déli­cieux. Le ser­po­let se boit aussi en infu­sion; on l’appelle le «thé de bergère».

J’ai soulagé ainsi tout sim­ple­ment bien des infec­tions intesti­nales tenaces, des grippes, rhumes et angines… et je n’ose met­tre à mon actif tous ceux que j’ai évités par cette hygiène préventive.

En usage externe le thym est un dés­in­fec­tant sûr… On peut le frot­ter à même les piqûres ven­imeuses, dés­in­fecter les plaies avec de l’infusion ou en met­tre un gros bou­quet dans son bain pour soigner affec­tions cutanées et der­matoses. Les bains aro­ma­tiques au thym sont de plus très effi­caces pour les rhu­ma­tismes, l’arthritisme. On en donne aussi aux enfants chétifs, aux lym­pha­tiques et aux con­va­les­cents car ils sont stimulants.

Pour les rhu­ma­tismes vous pou­vez égale­ment appli­quer du thym haché et chauffé en cat­a­plasme sur l’endroit douloureux.

Mettez-​en une pincée dans votre inala­tion avec de la men­the, de l’eucalyptus ou toute autre pré­pa­ra­tion achetée en pharmacie.

Enfin si vous avez facile­ment des bobos dans la bouche et la gorge, faites vous-​même ce den­ti­frice dés­in­fec­tant: voir recette plus haut.»

thymus

Com­men­taires

Danielle Lefebvre
# Danielle Lefeb­vre 29-​06-​2017 19:09
Merci beau­coup pour ce tra­vail de recherche et toutes ces pré­ci­sions. J’aime beau­coup vous lire, c’est tou­jours avec beau­coup de plaisir que je guette vos infor­ma­tions sur les plantes. Cor­diale­ment. Danielle.
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Hiérabotanê
# Hiérab­otanê 30-​06-​2017 12:49
Merci pour votre gen­til com­men­taire. Il me faire grand plaisir :)
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Sedna
# Sedna 15-​07-​2017 00:51
Merci pour cet arti­cle très com­plet. On relègue trop sou­vent le thym au rand de «sim­ple» condi­ment gus­ta­tif, c’est utile de se remé­morer le pourquoi de sa pop­u­lar­ité.
On aura droit à la même chose pour le romarin ? ;-)
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