Pré­cis de Magie Végé­tale

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Sauge

saugeSalvia Offic­i­nalis
Herbe sacrée, Thé d’Europe, Thé de Provence, Thé de Grèce
Lami­aceae

La sauge jouis­sait déjà chez nos ancêtres d’un pres­tige cer­tain. L’Ecole de Salerne a escorté la sauge, après Sainte Hilde­garde, de cet axiome édi­fi­ant: «Pourquoi mour­rait l’homme dans le jardin de qui pousse la sauge, si ce n’est qu’il n’existe aucun remède con­tre le pou­voir de la mort».

Le seul nom reflète la répu­ta­tion que les hommes ont accordée depuis tou­jours à cette plante médic­i­nale, Salvia est dérivé du latin sal­vare (soigner, sauver).

La tisane de sauge, bue fréquem­ment, for­ti­fie tout le corps, prévient les attaques d’apoplexie et a une action très pos­i­tive en cas de paralysie.

En cas de sueurs noc­turnes, c’est la seule plante avec la lavande, qui peut pro­curer un soulage­ment. Elle guérit la mal­adie à la base des sueurs noc­turnes et guérit grâce à ses pro­priétés toniques, le grand état de faib­lesse accom­pa­g­nant ce trouble.

La sauge est sou­veraine en cas de cram­pes, de mal­adies de la moelle épinière, de mal­adies des glan­des et égale­ment de trem­ble­ment des mem­bres. Pour soigner ces mal­adies, on boit deux tasses répar­ties par gorgées, pen­dant la journée.

La tisane a égale­ment une excel­lente action sur le foie malade, sup­prime les bal­lon­nements et les autres trou­bles liés aux mal­adies hépatiques.

Elle a une action dépu­ra­tive, aide à dégager les mucosités des voies res­pi­ra­toires et de l’estomac, remédie au manque d’appétit et soigne les trou­bles intestin­aux et les diarrhées.

Pour soigner les piqûres d’insectes, on fait des com­presses de feuilles de sauge broyées.

En usage externe, la tisane de sauge est par­ti­c­ulière­ment recom­mandée en cas d’angines, de maux de gorge, de for­ma­tion de pus dans les dents, de pharyn­gite et d’inflammation de la cav­ité buccale.

Beau­coup d’enfants et d’adultes auraient évité une opéra­tion des amyg­dales s’ils avaient util­isé à temps de la sauge. Lorsque les amyg­dales ont été enlevées, elles qui en tant que police du corps, arrê­tent et trans­for­ment les sub­stances tox­iques, ces dernières parvi­en­nent directe­ment aux reins.

Une infu­sion de sauge est égale­ment utile en cas de dents bran­lantes et saig­nantes, de déchausse­ment des dents et de tumeurs gin­gi­vales. On fait alors des gar­garismes où l’on place des tam­pons d’ouate imbibée de tisane sur les par­ties malades

Chez les per­son­nes irri­ta­bles et les femmes souf­frant de mal­adies du bas-​ventre, un bain de siège à la sauge serait bon de temps en temps.

Par­ties utilisées

Feuille, som­mité fleurie, huile essentielle

Récolte

  • Feuilles au print­emps juste avant la flo­rai­son (mai, juin) et à l’automne. Comme la plante pro­duit des huiles éthérées pen­dant les jours chauds et ensoleil­lés, les feuilles ne sont cueil­lies que par journées ensoleil­lées, si pos­si­ble à l’heure de midi, et elles sont séchées à l’ombre
  • Som­mités fleuries : au moment de la floraison

Orig­ines

Lieux secs et arides des régions méditer­ranéennes de l’Europe, cul­tivée çà et là pour les besoins de l’herboristerie

Pro­priétés en usage externe

Astringeant, cica­trisant, anti­sep­tique, tonique, antirhu­ma­tismal (bains)

Pro­priétés en usage interne

  • Choléré­tique
  • Anti­su­do­rale : l’Huile Essen­tielle paral­yse les ter­mi­naisons nerveuses périphériques des glan­des sudoripares
  • Anti­spas­mod­ique : l’eau sat­urée d’huile essen­tielle est un spas­moly­tique neu­rotrope inhibant expéri­men­tale­ment le spasme acétyl­cholin­ique du duodénum du rat
  • Emmé­n­a­gogue : Huile Essentielle
  • Hypo­gly­cémi­ant
  • Stim­u­lant oestrogènique, favorise la con­cep­tion, antilaiteux
  • Sym­pa­th­omimé­tique et vagolytique
  • Tonique, stim­u­lant général (exci­tant nervin et des cortico-​surrénales)
  • Equi­li­brant du vago-​sympathique et nervin
  • Apéri­tif, stomachique
  • Bac­té­ri­cide, antiviral
  • Dépu­ratif, diurétique
  • Hyper­tenseur

Appli­ca­tions

usage interne

  • relève les forces de l’organisme tout entier, indiqué pour toutes les infir­mités: organes diges­tifs, hépatisme, affec­tions uri­naires, pul­monaires, pleurales
  • stim­u­lant: Infu­sion (5g de feuilles/​l, 15 mm; et vin de sauge (80g de feuilles/​l, macéra­tion 8 jours), 1 à 3 cuil­lèrées à soupe après les repas
  • asthénies (con­va­les­cences…), neurasthénie
  • dys­pep­sies par atonie gastro-​intestinale, diges­tions lentes, inappétence
  • affec­tions nerveuses : trem­ble­ments, ver­tiges, paralysies
  • apoplexie
  • bron­chites chroniques, asthme
  • sueurs noc­turnes des tuber­culeux et des con­va­les­cents, sueurs pro­fuses des mains, aisselles
  • adénites, lym­phatisme, fièvres intermittentes
  • diurèse insuff­isante
  • hypo­ten­tion
  • régu­la­teur des règles insuff­isantes, dys­mén­or­rhées, ménopause, stéril­ité, pré­pa­ra­tion à l’accouchement, et fait tarir la lactation
  • diar­rhées (des tuber­culeux et des nourrissons)
  • can­cérose
  • infu­sion : 20g de feuilles+fleurs pour 1L d’eau bouil­lante. Infuser 10mn. 3 tasses par jour
  • Tein­ture : 30 à 40 gouttes 2 fois par jour dans un peu d’eau chaude
  • Extrait flu­ide de sauge sta­bil­isée : 1 càc dans une infu­sion de mélisse, le soir, comme équili­brant nervin et con­tre les sueurs
  • essence : 2 à 4 gouttes, 2 fois par jour, en solu­tion alcoolique
  • poudre 1 à 4g par jour
  • Vin stim­u­lant : Laisser macérer une semaine 80g de feuilles de sauge dans 1L de vin (rouge ou blanc). 1 à 3 càs après les repas. Recom­mandé par H Leclerc aux asthéniques, sur­menés physiques et intel­lectuels, neurasthéniques, dys­tonique neuro-​végétatifs, dans les suites des mal­adies pro­longées (égale­ment con­tre les fièvres intermittentes)
  • en attouche­ments con­tre les aphtes
  • Potion anti­su­do­rale : extrait flu­ide de sauge sta­bil­isée 50g + sirop de fleurs d’oranger 30g + eau qsp 150ml – 1 càs au coucher (tuber­cu­lose, ménopause)
  • L’aïgo bouido com­prend une infu­sion d’une douzaine de feuilles de sauge pour 2L d’eau, du sel, de l’ail et 100g d’huile d’olive. On fait bouil­lir 10mn et on verse sur des tranches de pains
  • Vinai­gre à la sauge : rem­plir de fleurs de sauges des près, une bouteille jusqu’au goulot, mais sans forcer, verser du vinai­gre naturel par dessus, recou­vrant ainsi les fleurs et laisser la bouteille reposer au soleil ou près d’une source de chaleur pen­dant 14 jours

usage externe

  • leu­c­or­rhées (injec­tions vaginales)
  • aphtes, stom­atites, angines, laryn­gites, névral­gies dentaires
  • asthme
  • plaies atones, ulcères
  • der­matoses, eczémas
  • débil­ité infan­tile, rachitisme, scrofulose
  • alopé­cie
  • piqûres de guêpes, d’insectes
  • anti­su­do­ral : Tein­ture au 1/​5 dans l’alcool à 60°, 2 gouttes avant le moment pré­sumé d’apparition des sueurs, ou extrait Flu­ide sta­bil­isé : 1 cc le soir au coucher
  • sup­pos­i­toires emme­na­gogues : extrait flu­ide de sauge sta­bil­isée 0,25g + onguent pop­uleum 1g + beurre de cacao 3g + cire blanche qsp 1 suppo. 1 ou 2 par jour (amén­or­rhées, dys­mén­or­rhées, stérilité)
  • Décoc­tion : 1 poignée de fleurs+feuilles pour 1L d’eau. Bouil­lir 10mn en bains de bouche (aphtes, stom­atites, ulcéra­tions de la bouche), en injec­tions vagi­nales (leu­c­or­rhées), en com­presses sur ulcères de jambe, plaies atones, der­matoses, eczémas
  • Bains de siège : met­tre à macérer 4 poignées bom­bées de feuilles pen­dant la nuit dans de l’eau froide. Le lende­main, réchauf­fer le tout jusqu’à ébul­li­tion et verser l’extrait chaud dans l’eau du bain. L’eau du bain doit recou­vrir les reins. Réchauf­fée, l’eau du bain peut encore servir 2 fois
  • tein­ture et rhum en par­ties égales : en fric­tion dans les alopécies
  • Con­tres les piqûres d’insectes, de guêpes : appli­ca­tions de feuilles froissées
  • feuilles séchées, fumées (asthme)
  • Pour dés­in­fecter les locaux où des malades graves ont séjourné, brûler des feuilles de sauge sur des charbons

La sauge en endocrinologie

Selon le Doc­teur Jean-​Michel Morel dans Traité Pra­tique de Phy­tothérapie au chapitre des plantes à action de stim­u­la­tion ovarienne

Comme pour le hou­blon, l’action oestrogène-​like de la sauge offic­i­nale n’est pas démon­trée mais tra­di­tion­nelle­ment exploitée par des généra­tions d’utilisatrices. Elle ren­ferme une huile essen­tielle très tox­ique (300mg=15 gouttes suff­isent pour tuer un chien) con­tenant 35 à 60% de thuy­one (ce qui con­trindique presque formelle­ment l’emploi de l’huile essen­tielle pure de salvia offic­i­nalis), des tanins et com­posés phéno­liques dont l’acide ros­marinique, des diter­pènes, des triter­pènes, des flavonoïdes.

Elle est spé­ci­fique­ment anti­su­do­rale (autre­fois employée dans les sueurs de tuber­culeux), oestrogénique et anti­galac­togène (remar­quable­ment effi­cace pour couper le lait des nour­rices, comme le per­sil), anti-​oxydante comme beau­coup de lamacées (util­i­sa­tion en char­cu­terie), forte­ment anti-​asthénique (HE, acide ros­marinique), toni­car­diaque et antiarythmique.

L’action sur les bouf­fées de chaleurs est fidèle. Elle est bac­té­ri­cide et anti-​fongique, et don­nera en outre de bons résul­tats chez les femmes colopathes présen­tant des trou­bles diges­tifs tels que bal­lon­nements, lenteur à la diges­tion, mais aussi dans les trou­bles à dis­tance induits par un déséquili­bre de flore, vaginites, cys­tites et cytal­gies à urines claires, surtout lorsqu’ils sont liées à une carence oestrogénique réelle.

Avant la ménopause, elle est intéres­sante dans les amén­or­rhées et oligo-​spanioménorrhées (cycles longs, règles faibles, indi­quant une insuff­i­sance oestrogénique), tout comme les micror­ra­gies (saigne­ments de milieux de cycle, sou­vent de même cause).

Je rap­pelle que les seules formes galéniques util­is­ables dans ces indi­ca­tions sont celles met­tant en oeu­vre la plante entière, telles que la teinture-​mère ou l’extrait flu­ide. En effet, même si la plante con­tient une huile essen­tielle tox­ique, celle-​ci inter­vient dans les effets biologiques, et la thuy­one n’y est présente cette fois qu’à des dosages aux alen­tours de 1%. Néan­moins, en cas de sur­dosage (équiv­a­lent à 15g de feuilles par dose, ce qui est énorme), la thuy­one présente dans la plante peut provo­quer des tachy­cardies, bouf­fées de chaleurs, ver­tiges. Elle est inter­dite pen­dant la grossesse, elle y est inutile dans tous les cas.

En traite­ment de base de une ménopause avec signes d’insuffisance hor­monale et fortes transpirations :

  • Teiture-​mère de salvia offic­i­nalis : 50 gouttes le matin dans un verre d’eau. 60ml. Aug­menter la posolo­gie si nécessaire.

Et dans les oligo-​spanioménorrhées, cycles longs avec règles peu abon­dantes, ou des saigne­ments répétés au long du mois sans cycles indi­vid­u­al­isés, on peut chercher à repro­duire le cycle naturel au moyen de cette asso­ci­a­tion très classique :

  • Teinture-​mère de salvia offic­i­nalis : 50 gouttes mation et soir à pren­dre depuis le 3° jour après le début des règles et jusqu’au 13° jour du cycle. 125ml
  • Teinture-​mère alchemilla vul­garis : 50 gouttes 2 fois par jour, matin et soir, du 14° au dernier jour du cycle.125ml

La com­po­si­tion de la sauge sclarée est proche de celle de la sauge offic­i­nale, tanins, acide ros­marinique et triter­pènes, son huile essen­tielle en revanche ne pos­sède pas de thyuone, mais du linalol et de l’acétate de lina­lyle, ainsi qu’un diter­pène (sclaréol) qui pos­sèderait une activ­ité oestrogénique pro­pre. Elle est anti­spas­mod­ique par voie interne, cica­trisante par voie externe, oestrogène-​like et aphro­disi­aque. On l’indique, outre la ménopause, dans les amén­or­rhées, oligomén­or­rhées, les infec­tions géni­tales par insuff­i­sance hor­monale, asso­ciées à des trou­bles cir­cu­la­toires, varices, hémor­roïdes. Elle est induc­trice de l’ovulation et m’a grat­i­fié de très bons résul­tats dans les stéri­tilés par insuff­i­sance hor­monale et de déclanche­ment ovu­la­toire, lorsque le bilan ne mon­tre pas d’anomalie chez la femme (ni chez l’homme). En générale dans ce cas, 3 à 4 mois peu­vent suffire :

Dans la stéril­ité par blocage hor­monal (sou­vent psy­chogène), de bilan négatif :

  • Extrait Phyto-​Standardisé de sauge sclarée (sal­cia sclarea): 5ml (soit une cuillerée à café) matin et soir, à pren­dre dans un grand verre d’eau, depuis le 3° jour des règles jusqu’au 15°jour du cycle. 1 fla­con 150ml.
    En cas de grossesse débu­tante sous traite­ment, cette plante ne présente pas de prob­lème de tox­i­c­ité, mais on arrête bien sûr lorsque le test est posi­tif. La même pré­pa­ra­tion est indiquée dans les micror­ra­gies, les pan­iomén­or­rhées (posolo­gie plus faible, une cuil­lère à café par jour).

Médecine vétéri­naire

  • anti­su­dori­fique pour les fièvres importantes
  • stom­achique pour améliorer l’appétit des bovins
  • con­tre les météorisations
  • con­tre les érup­tions vésiculeuses : feuilles de sauge et de sureau hachées en usage externe
  • con­tre les pneu­monies des chèvres et le char­bon : décoction
  • con­tre les indi­ges­tions par sur­charge, les indi­ges­tion aiguës : infu­sion alcoolée
  • com­pose le baume tranquille
  • tonique, stom­achique, action sur l’appareil géni­tal, anti-​laiteux, action sur la fièvre

Risques

  • insuff­i­sance rénale, insta­bil­ité neuro-​végétative
  • Pré­cau­tions : ne pas utiliser en cures continues
  • Huile Essen­tielle : neurotoxique
  • Con­vul­si­vante (thuy­one) entraî­nant la mort, abortive
  • ne pas utiliser lors de grossesse ou d’allaitement
  • à ban­nir en cas de can­cer du sein
  • Per­son­nelle­ment, c’est une plante qui ne me con­vient pas car son effet oestrogen-​like per­turbe mon sys­tème hor­monal. Je con­seille donc aux femmes d’utiliser cette plante avec pru­dence (Hiérabotanê).
Aver­tisse­ment : Les effets des plantes ne sont pas anodins. Cer­taines plantes ou par­ties de plantes sont tox­iques. Pour toute util­i­sa­tion thérapeu­tique, deman­dez l’avis de votre phar­ma­cien ou phytothérapeute.