Pré­cis de Magie Végé­tale

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Mauve

mauveMalva rotun­di­fo­lia : petite mauve — Malva sylvestris : grande mauve
Beur­rat, Fausse guimauve, Fouassier, Fro­ma­geon, Meule
Mal­vaceae

La mauve sauvage se ren­con­tre sur les sols abon­dam­ment azotés des jardins et des anci­ennes fumières et dans les lieux incultes.

Dès le VIII° siè­cle avant JC cette plante était recher­chée comme légume et comme remède. On en mangeait les jeunes pousses; elles don­nèrent à Cicéron, qui en était très friand, des indi­ges­tions. Mar­tial en fai­sait une cure après ses orgies et, selon Pline, une potion à base de suc de mauve, met à l’abri des malaises pour la journée. Les pythagoriciens voy­aient en elle une plante sacrée, libérant l’esprit de l’esclavage des pas­sions; Charle­magne la voulait comme orne­ment dans ses jardins impéri­aux. Au XVI° siè­cle, en Italie, on la nom­mait omn­i­mor­bia, « remède à toute maladie ».

La mauve fait par­tie de la « tisane des qua­tre fleurs », com­posée de sept espèces, avec le coqueli­cot, le tus­si­lage, le pied-​de-​chat, le molène bouillon-​blanc, la guimauve et la violette.

La mauve ren­ferme des mucilages, des poly­sac­cha­rides, des flavonoïdes. Mais son action est recon­nue seule­ment comme tra­di­tion­nelle. Elle est employée par voie orale comme traite­ment d’appoint adoucis­sant et antipru­rig­ineux des affec­tions der­ma­tologiques (pro­tecteur des crevasses, écorchures, gerçures) Elle est aussi employée comme antalgique dans les affec­tions buc­cales et celles du phar­ynx, et surtout comme fleur pec­torale, pour une toux non produtrice.

Elle fait aussi par­tie d’un sirop anti­tus­sif asso­ciée au thym et au gin­delia, mais avec de la codéine.

Par­ties utilisées

Racine, feuilles, fleurs (avant épanouisse­ment); séchage à l’air et à l’ombre, con­ser­va­tion dif­fi­cile, bleuis­sent en séchant, se décol­orent à la lumière.

Comme le mucus se perd au cours du séchage, on devrait tou­jours utiliser la mauve aussi fraîche que pos­si­ble. Mais même la plante séchée a encore de bonnes pro­priétés thérapeutiques.

Récolte :

  • - Feuille : juin-​juillet
  • - Fleur : dés l’épanouissement de juin à septembre
  • - Con­ser­va­tion : en récip­i­ent bien fermé, à l’abri de la lumière, dans un local frais et aéré

Orig­ines

Spon­tanée en France et dans presque toute l’Europe. Cul­tivée en Europe cen­trale. La var­iété glabre est très estimée

Pro­priétés en usage externe

Légère­ment anti-​inflammatoire

Pro­priétés en usage interne

  • Anti­tus­sif, pectoral
  • Lax­atif
  • Emol­lient (mucilages)
  • Cal­mant

Appli­ca­tions

  • Partout où il y a de l’inflammation
  • Asthme, bron­chite aigüe, rhumes, toux
  • Aphtes et stom­atites, glossites
  • Laryn­gites et pharyngites
  • Con­sti­pa­tion chronique (atonique ou spasmodique)
  • Entéro­co­l­ites (recom­mandé aux enfants et aux vieillards)
  • Lax­atif doux : 10g de fleurs/​litre, 15 mn, à volonté
  • Astrin­gent doux
  • En asso­ci­a­tion : espèces pectorales
  • En externe : der­matoses, furon­cles, abcès, tumeurs, vagi­nite, aphtes, piqûres d’insectes (guêpes…)
  • Infusé : 10 à 20g de fleurs (ou feuilles ou les deux) par litre, infu­sion 15 mn, boire à volonté
  • Extrait flu­ide de mauve sta­bil­isé, 1 càc, dans une infu­sion 2 fois par jour
  • Dans les cru­dités (favor­ables aux estom­acs frag­iles, aux entéritiques)
  • Tisane anti-​grippale et con­tre la toux: fleurs de mauve, fleurs de vio­lettes, fleurs de bouillon-​blanc, àà qsp 100g
  • 25g en infu­sion dans un litre d’eau, 3 ou 4 tasses par jour
  • Cat­a­plasmes de feuilles avec farine de lin, dans les der­matoses, abcès, furon­cles, tumeurs
  • Décoc­tion de feuilles : une poignée par litre d’eau. Bouil­lir 15 mn. En lavages ocu­laires, injec­tions vagi­nales, lave­ment émolients, lavage des plaies infec­tées et douloureuses, bains de bouche (aphtes)
  • Suc de mauve fraîche con­tre les piqûres de guêpes

Médecine vétéri­naire

  • Pour les mam­mites et dans les oph­talmies : infu­sion par voie externe
  • Dans les états inflam­ma­toires avec de la fièvre chez le mouton
  • Gastro-​entérite du chien par voie interne


La mauve à la phar­ma­cie du Bon Dieu de Maria Treben

La mauve rend avant tout de grands ser­vices en tant que tisane en cas d’inflammations des muqueuses de l’intérieur du corps, de gas­trite, d’inflammation des muqueuses de la vessie, de l’appareil diges­tif et de la cav­ité buc­cale, ainsi qu’en cas d’ulcères gas­triques et intestin­aux. On peut ici pré­parer les feuilles en même temps que de l’orge, pour en faire une soupe. Il faut d’abord faire bouil­lir l’orge, puis ajouter, une fois qu’elle est refroi­die, les feuilles de mauve.

On peut égale­ment la con­seiller tout spé­ciale­ment lorsque les poumons sont chargés, en cas de catarrhe bronchial, de toux, et de fort enroue­ment, tout comme en cas de laryn­gite et d’angine ou de sécher­esse de la bouche. Pour ne pas détru­ire le mucus de la mauve, on la fait macérer à froid pen­dant la nuit. Comme ration jour­nal­ière, on prend 2 à 3 tasses que l’on réchauffe légère­ment et que l’on boit par gorgées. Même en cas d’emphysème pul­monaire par­ti­c­ulière­ment tenace et sou­vent con­sid­éré comme incur­able, qui provoque entre autre des suf­fo­ca­tions graves, la mauve a un effet thérapeu­tique. On en boit au moins 3 tasses par jour, comme men­tionné ci-​dessus, et on pose des cat­a­plasmes de feuilles et fleurs fil­trées et bien réchauf­fées sur les bronches et les poumons.

Les bains d’yeux et les com­presses sur les yeux, à base de tisane tiède de mauve ont bien fait leurs preuves pour soigner la mal­adie assez rare du non-​fonctionnement des glan­des lacry­males. En cas d’allergies faciales qui déman­gent et brû­lent, des lavages avec de la tisane tiède de mauve appor­tent un grand soulage­ment. En usage externe, on utilise la mauve pour soigner les plaies, les tumeurs, les pieds ou les mains gon­flés en rai­son d’une frac­ture ou d’une phlébite. Dans ce cas on prend des bains de pieds ou de mains. Ces bains ont per­mis d’atteindre d’excellents résul­tats. Les bains de pieds à la mauve sont par­ti­c­ulière­ment recom­mandés en cas de frac­ture des os du pied qui sur­char­gent le pied et le font gonfler.

Même si l’on est âgé, il n’est pas néces­saire de vivre avec un pied enflé avec une plaie ouverte. Ici aussi les bains à la mauve accom­pa­g­nés de feuilles fraîches de plan­tain lancéolé bien lavées et humides sur la plaie ouverte. La plaie se referme pen­dant la nuit, et ne se rou­vre plus, même si la plaie était vieille de dix ou quinze ans, ou plus encore. Si une telle plaie ouverte vous fait souf­frir, suivez mon con­seil et utilisez des feuilles fraîches de mauve. Vos serez éton­nés de la vitesse à laque­lle la plaie se refermera.

La mauve ne soigne pas seule­ment les laryn­gites, mais encore les mal­adies malignes du lar­ynx. dans de tels cas, on fait macérer 2L ½ pour la ration d’une journée pen­dant la nuit (une càc bom­bée d’herbes pour ¼ de L). Le lende­main matin, on réchauffe légère­ment et on con­serve la ration dans une bouteille ther­mos rincée à chaud. Pen­dant la journée on en boit 4 tasses par petites gorgées et on prend le reste pour faire des gar­garisme et des rinçages avec la tisane de mauve, et ce, plusieurs fois par jour.

Pré­pa­ra­tion de la tisane : seule­ment par macéra­tion à froid ! Lais­sez reposer pen­dant la nuit, 1càc bom­bée d’herbes dans ¼ L d’eau et réchauf­fer légère­ment le matin

Bains de pieds et de mains : pen­dant la nuit, faire macérer dans de l’eau froide une dou­ble poignée bien rem­plie de mauve dans un seau de 5 litres. Le lende­main matin, on réchauffe le tout à une tem­péra­ture sup­port­able pour les mains et les pieds. La durée du bain est de 20mn, et on peut réu­tiliser le bain 2 fois encore, en le réchauf­fant à chaque fois

Enveloppe­ments : Réchauf­fer légère­ment dans un peu d’eau, ce qui reste de la tisane pré­parée, en faire un bouil­lie en mélangeant avec de la farine d’orge, éten­dre sur un petit morceau de lin et en faire des enveloppe­ments chauds.

Aver­tisse­ment : Les effets des plantes ne sont pas anodins. Cer­taines plantes ou par­ties de plantes sont tox­iques. Pour toute util­i­sa­tion thérapeu­tique, deman­dez l’avis de votre phar­ma­cien ou phytothérapeute.