Pré­cis de Magie Végé­tale

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Bel­ladone

belladoneAtropa bel­ladonna
Belle Dame, Bou­ton Noir, Morelle Marine, Morelle Furieuse, Cerise Enragée, Herbe Empoi­son­née
Solanacée

La bel­ladone est une plante vivace à larges feuilles altérnées et aux fruits noirs très tox­iques. Ce parasym­pa­tholi­tique puis­sant (con­tient des alcaloîdes tels que, atropine, hyocyamine et scopo­lamine) doit son nom de «belle dame» au fait que les ital­i­ennes l’utilisaient pour se ren­dre plus séduisantes en dila­tant leurs pupilles (l’atropine est util­isée à cet effet par les oph­tal­mol­o­gistes pour observer le fond de l’oeil).

Bel­ladonna est le grand spé­ci­fique de l’inflammation caratérisé par la tri­ade des anciens: tout ce qui est rouge (ou chaud), tumé­fié (gon­flé), douloureux (en latin, calor, tumor, dolor)

De par ses effets puis­sants, la bel­ladone est une plante qui con­vient très bien à l’usage homéopathique

Par­ties utilisées

Feuille, som­mités fleuries, racine

Orig­ines

Europe cen­trale et mérid­ionale, Ouest de l’Asie, Nord de l’Afrique

Très cul­tivée en Europe, en France sur ter­rain cal­caire, dans les clairières

Pro­priétés en usage interne

  • Anti­spas­mod­ique
  • Parasym­pa­tholy­tique (antag­o­niste de l’acetyl choline): accélèra­tion du rythme car­diaque, dilata­tion des bronches, vaso­con­stric­tion, diminu­tion du peri­s­ta­tisme intestinal)
  • Dilata­tion de la pupille, diminu­tion des sécrétions
  • Paralysant du sys­tème sym­pa­thique d’où :
    • anti­spas­mod­ique des fibres mus­cu­laires lisses (bronches, tube digestif)
    • anti­su­do­ral
    • mod­éra­teur des sécré­tions (salive, bile, sueur, pan­créas) sauf de la sécré­tion intestinale
    • sédatif puis­sant dans les névral­gies et douleurs viscerales

Appli­ca­tions

  • Trou­bles digestifs
  • Col­iques hépa­tiques et néphrétiques
  • Hyper­secré­tion gas­trique, hyper­su­da­tion, diverses affec­tions benignes des voies respiratoires
  • Spasmes des tuniques muus­cu­laires (gastro-​intestinales, anus, urêtre, vagin, col utérin
  • Spasmes des voie res­pi­ra­toires (coqueluche, asthme nerveux, spasme glottiques
  • Incon­ti­nence d’urine nocturne
  • Pri­apisme, sper­ma­t­or­rhée, sial­or­rhée, galac­t­or­rhée, sueur des tuberculeux
  • Con­sti­pa­tion spas­mod­ique, névral­gies, migraines, danse de Saint Guy, mal de mer

  • poudre de feuille : 0,15 à 0,20g par jour en cachets
  • tein­ture alcoolique au 1/​10°: 5 à 20 gouttes par jours. Pour les enfants après 2 ans : 1 goutte par jour et par année d’âge avec max­i­mum 10 gouttes (57 gouttes = 1g)
  • atropine (sul­fate d») : très tox­ique : gran­ules à 1/​10° de mg : 2 à 6 par jour

Médecine vétéri­naire

  • Pom­made comme anti-​douleur et antiprurigineux
  • Tein­ture comme anti­tus­sif, reduire les sécre­tions bronchiques (chien, cheval), les diar­rhées avec col­iques, les spasmes de l’oesophages, vom­isse­ments, les crises dys­p­néiques, et les chocs anaphylactiques.
  • 20 ml de tein­ture avec de l’eau tiède en lave­ment con­tre la con­sti­pa­tion des grands animaux
  • con­tre les abcés :tein­ture mère en compresse
  • usages unicites : angines, bron­chites, pharyn­gites aiguës, stom­atites, paro­tidites, col­iques spas­mod­iques et con­ges­tives, néphrites aiguës, mam­mites aiguës et parenchy­ma­teuses, con­ges­tion cérébrale, mal­adie de carré avec forme nerveuse d’emblée, artérite cérébrale exuda­tive, syn­ovite tendineuse, asthme des pléthoriques, ophtalmies

Risques

Plante tox­ique à ne pas utiliser en phy­tothérapie : nom­breux cas d’intoxications mortelle par inges­tion de baies (noires) que l’on prend pour des mures ou des cerises (d’où l’appelation pop­u­laire de «cerise enragée»

Médica­ment dan­gereux avec des intolérances individuelles.

L’utiliser avec pru­dence au cours des mal­adies infec­tieuses, le pro­scrire dans les états hyper­ten­sifs (artériosclérose, angine de poitrine) et lorsqu’on peut red­outer la phase d’exitation cérébrale qu’il déter­mine à doses moyennes.

La bel­ladone aug­mente la ten­sion ocu­laire, provoque la mydri­ase, entraîne la paralysie de l’accomodation, l’accélération car­diaque, aug­mente la ten­sion artérielle, entraine la con­ges­tion des cen­tres nerveux. Les signes d’intolérance sont : sécher­esse de la gorge, soif, tachy­cardie, con­ges­tion de la face, dilata­tion pupi­laire, puis exci­ta­tion vio­lente, hal­lu­ci­na­tions, ver­tiges, délire bruyant, trem­ble­ments, spasmes, pros­tra­tions, hypo­ten­tion et coma.

Un bon contre-​poison : l’angélique

Aver­tisse­ment : Les effets des plantes ne sont pas anodins. Cer­taines plantes ou par­ties de plantes sont tox­iques. Pour toute util­i­sa­tion thérapeu­tique, deman­dez l’avis de votre phar­ma­cien ou phytothérapeute.