Pré­cis de Magie Végé­tale

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Alchimie & Spagyrie

min alchimie ou la sorciere accoudeePrincipes de base

Mélange de tech­niques chim­iques gardées secrètes et de spécu­la­tions mys­tiques, l’alchimie est une sci­ence occulte apparue dans l’Egypte gréco-​romaine au début de notre ère.

Comme toute dis­ci­pline mys­tique, l’alchimie fait la part belle à l’intuition, aux visions, aux illu­mi­na­tions… ainsi les pre­miers (al)chimistes eurent-​ils l’intuition que la matière était com­posée d’éléments pri­maires (des molécules ?). Ils pen­saient que l’on pou­vait recom­biner ces élé­ments pour créer une matière totale­ment nou­velle : la pierre philosophale… une pierre rouge orangée, à la fois médecine uni­verselle et état d’harmonie uni­verselle. Ils cher­chaient la Quin­tes­sence (l’Ether, l’Akasha), l’énergie divine cachée au cœur de la matière.

La quête du Graal au sein de la matière

Au début, il y a le chaos, obscur, ténébreux, le tout indif­féren­cié. Ce chaos se divise en deux éner­gies opposées : le Nitre (Feu céleste ou énergie — posi­tif) et le Natre (Sel ou matière — négatif). Par leurs inter­ac­tions, ces éner­gies vont créer qua­tre élements :

  • le Feu (chaud et sec –posi­tif actif)
  • l’Air (chaud et humide – posi­tif passif
  • l’Eau (froide et humide – néga­tive active)
  • la Terre (froide et sèche – néga­tive passive)

Ces qua­tre élé­ments se com­bi­nant entre eux don­nent enfin les con­sti­tu­ants de toute matière :

  • le Soufre (pas le soufre com­mun) qui est de même nature que le Feu et l’Air
  • le Sel (pas le sel com­mun) de même nature que la Terre et l’Eau
  • le Mer­cure (pas le mer­cure com­mun), de nature dou­ble et qui sert de lien entre Sel et Soufre, qui est de même nature que l’Air et l’Eau

Chaque corps physique est donc un mixte, com­posé des trois principes en pro­por­tions vari­ables et mélangé à des impuretés. Par­tant des mixtes, l’alchimiste va séparer les trois principes, séparer le sub­til de l’épais et puri­fier, puis recom­poser une nou­velle matière à par­tir des élé­ments purifiés.

Sym­boles alchimiques

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Spagyrie, l’alchimie végétale

La spagyrie est «l’art de séparer et de com­biner les prin­ci­paux con­sti­tu­ants des corps» selon Paracelse qui est le pre­mier à utiliser ce terme. Les qua­tre fon­da­men­taux de cette tech­nique alchim­ique sont : l’alchimie, la philoso­phie, l’astronomie et la vertu. Pour Paracelse il s’agit essen­tielle­ment de médecine par les plantes. Le proces­sus spagyrique per­met de fournir un elixir con­tenant tous les élé­ments curat­ifs de la plante. Les 3 con­sti­tu­ants spagyriques d’une plante sont l’huile essen­tielle (l’âme de la plante, le Mer­cure), la tein­ture liquoreuse (l’esprit de la plante, le Soufre) et les sels minéraux et oligo-​éléments (le corps de la plante, le Sel).

Paracelse était médecin, alchimiste (ini­tié jeune par son père). Il a établi les fonde­ments de la médecine mod­erne. Il pen­sait que l’univers matériel ne peut être séparé de l’univers spir­ituel. La mal­adie était, à ses yeux, autant un symp­tôme physique qu’un trou­ble spir­ituel. Le remède (l’élixir) devait ainsi répon­dre aux deux principes : matériel et spirituel.

En alchimie végé­tale — spagyrie — un des proces­sus de base est le suivant…

On prend une plante sèche que l’on laisse macérer dans l’alcool pur (l’alcool est le Mer­cure du règne végé­tal, il a un rôle de men­strum, c’est à dire de liq­uide d’extraction).

Au bout d’un cer­tain temps, on sépare la liqueur des fécès (les résidus de la plante); on cal­cine les fécès au blanc et on obtient le Sel qui est la matrice de la pierre végétale.

On sépare par ailleurs la liqueur en deux com­posants par dis­til­la­tion. On obtient d’un côté un liq­uide volatile et trans­par­ent qui con­tient le Mer­cure de la plante, et un liq­uide som­bre, rougeâtre, de con­sis­tance pâteuse qui est le Soufre et qui con­tient des com­posés car­bonés et les huiles de la plante.

On va ensuite cohober (rassem­bler) les trois élé­ments dans un vase clos que l’on met en cou­veuse (40°) pen­dant un temps vari­able, par­fois plusieurs semaines. Selon les pro­por­tions, on obtien­dra un élixir (qui aura les ver­tus médic­i­nales de la plante mère plus les ver­tus ini­ti­a­tiques cor­re­spon­dant à la sig­na­ture astrale de la plante), ou alors une pierre végé­tale qui a pour par­tic­u­lar­ité, outre ses effets thérapeu­tiques et ini­ti­a­tiques, de pou­voir séparer n’importe quelle décoc­tion de plante en ses com­posants (Soufre, Mer­cure, Sel).

alchimiel’Elixir du Sué­dois selon la méth­ode spagyrique

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