Aver­tisse­ment

Les effets des plantes ne sont pas anodins. Cer­taines plantes ou par­ties de plantes sont tox­iques. Pour toute util­i­sa­tion thérapeu­tique, deman­dez l’avis de votre phar­ma­cien ou phy­tothérapeute.

ortieOrtie

Urtica dioica
Urtica dioica: ortie dioïque: Grande ortie (ortie com­mune, vivace)
Urtica urens: ortie brûlante: petite ortie (piquante, des jardins, grièche)
Urtica pilulif­era: ortie rimaine: ortie à pilules
Urticaceae

La grande ortie peut dépasser 1m50 et pos­sède de longues racines ram­pantes. Ses feuilles, opposées deux à deux, d’un beau vert sont attachées à une tige de sec­tion quad­ran­gu­laire. Elles sont ovales, forte­ment den­telées et munies de poils, les fameux poils qui piquent!

En fait, ces poils sont de minus­cules et frag­iles ampoules qui ren­fer­ment des acides, com­pa­ra­bles à ceux con­tenus dans le venin de cer­tains insectes ou ser­pents, sub­stances par­ti­c­ulière­ment effi­caces pour lut­ter con­tre de nom­breux maux. Les chimistes ont décou­vert la plu­part des principes act­ifs : des acides gallique, acé­tique et formique ; des flavonoïdes, de l’histamine, de la séro­to­nine, des tanins et des phy­tostérols de l’acetylcholine (vasodi­lata­teur puis­sant des capi­laires et de la cholo­phylle, recon­sti­tu­ant), ainsi qu’un antibac­térien dont la con­sti­tu­tion est proche de l’hémoglobine du sang. Les orties sont aussi très riches en oligo-​éléments et en vitamines.

Tonique et astrin­gente, dépu­ra­tive et anit-​infectieuse, diuré­tique et anti-​rhumatismale, l’ortie prévient la plu­part des maux les plus courants et les soulage : goutte, arthrose, anémie, trou­bles cir­cu­la­toires et diges­tifs, tran­sit intesti­nal irrégulier, infec­tions uri­naires, ulcères gas­triques… Con­seil­lée pour lut­ter con­tre les rhu­ma­tismes, la fatigue, la baisse du désir sex­uel, les prob­lèmes diges­tifs et pour lut­ter con­tre la déminéral­i­sa­tion et l’ostéoporose – grâce à sa richesse en sil­ice et en cal­cium –, l’ortie per­met aussi de lut­ter con­tre les maux de la ménopause: bouf­fées de chaleur, maux de tête, baisse de la libido.

Les hommes quant à eux, ne devraient pas non plus hésiter à en faire régulière­ment des cures de tisane ou de salades. Une étude récente a mon­tré que les orties pou­vaient réduire à 70% une hyper­tro­phie de la prostate.

Hilde­garde de Bin­gen pré­con­i­sait l’ortie cuite plutôt que crue; en réal­ité cela n’a pas beau­coup d’importance. Elle la con­seil­lait con­tre les vers intestin­aux, les prob­lèmes diges­tifs, la mémoire défail­lante et le rhume.

L’avis d’Hildegarde : L’ortie est une espèce totale­ment chaude. Elle purge l’estomac et en fait dis­paraître les humeurs.

Par­ties utilisées

Feuille, plante entière, racine, fruit

Orig­ines

Autour des habi­ta­tions, décom­bres, fos­sés (plante nitrophile)

Pro­priétés en usage interne

Feuille

  • Diuré­tique (nitrates de potas­sium, cal­cium, ac. alcools)
  • Anti-​inflammatoire (anti-​rhumatismales)
  • Anti-​asthénique
  • Hypo­gly­cémi­ante
  • Chol­a­gogue
  • Astrin­gent
  • Cica­trisant
  • Révul­sif : l’urtication con­siste à fla­geller le corps ou une par­tie du corps avec une poignée d’orties : rhu­ma­tismes, apoplexie, paralysies

Racine

  • Anti-​inflammatoire
  • Aug­men­ta­tion du vol­ume et de la puis­sance du flux uri­naire et diminu­tion de la quan­tité d’urine résiduelle

Fruit

  • Tonique
  • Galac­togène
  • Anti-​anémique, antira­chi­tique, dépu­ratif, anti-​infectieux, diuré­tique, élim­i­na­teur de l’acide urique, draineur hépa­tique, anti-​diarrhéique, stomachique

Appli­ca­tions

Feuille

  • Thérapeu­tique com­plé­men­taire des états rhu­ma­tismaux, mal­adie inflam­ma­toire des voies uri­naires, drainage préven­tif et traite­ment des lithi­ases rénales: (L.Girre)
  • Infu­sion de feuilles : 10 g/​500 ml, infuser 10 min boire 1 tasse le matin à jeun, 1 tasse 30 min avant les prin­ci­paux repas et 1 tasse l’après-midi
  • Nébu­lisat (100 mg/​gélule, 2 gélules 3 fois/​jour
  • Trou­bles mic­tion­nels des adénomes prostatiques
  • Déco­tion de racines : 50 g/​l, bouil­lir 10 min à pren­dre en 48h entre les repas (rhumatismes)
  • Tisane de feuilles et de racines : 50 g/​l, bouil­lir 2 à 3 min, infuser 20 min, boire à volonté (antirhu­ma­tismal, dépu­ratif, diarrhées…)

Fruit

  • en usage externe, en der­ma­tolo­gie, dans les rhumatismes
  • Usage interne
  • Hémor­ra­gies (hémop­tysie, hématémèse, metror­ragie, héma­turie, épis­taxis), hémophilie, anémie, rachitisme, faib­lesse générale, tuber­cu­lose, der­matoses, urticaires, brûlures, ménopause, rhu­ma­tisme gout­teux et chronique, néphrite, ulcères gas­triques et intestin­aux (en long usage), lithi­ase bil­i­aire, ictère, diar­rhées, flat­u­lences, entérite muco-​membraneuse, énurésie des enfants
  • Suc fraîche­ment exprimé : 100 à 125g par jour (hémo­sta­tique, vaso-​constricteur)
  • Extrait flu­ide : 2 à 4 càc par jour
  • Décoc­tion de racine coupée ou de plante entière : une poignée (50g) pour 1L d’eau. Bouil­lir 10mn. A pren­dre en 48h, entre les repas (rhumatismes)
  • Sirop d’ortie : 30 à 60g par jour (250g de suc + 250g de sucre, cuire à con­sis­tance de sirop)
  • La racine ou plante entière : indiquée dans les affc­tions du tube diges­tif et de l’appareil res­pi­ra­toire, par­ti­c­ulière­ment dans l’ulcus gas­trique et intesti­nal (décoc­tion d’un mélange de racines d’orties, de plan­tain, de genièvre, de thym). Boire chaud, plusieurs fois par jour (1 à 2 gorgées à chaque fois)
  • Con­tre l’énurésie : 15g de semences pilées + 60g de farine de sei­gle. Faire une pâte avec de l’eau et du miel. Con­fec­tion­ner 6 gateaux que l’on cuira au four. Un gateau chaque soir pen­dant 1520 jours
  • L’ortie est égale­ment un ali­ment : les jeunes feuilles sont revi­tal­isantes : mélanger des feuilles fine­ment coupées dans la salade, les cru­dités, les utiliser dans les potages, les pré­parer comme les épinards.

Usage externe

  • can­cers, tumeur, soins du cuir chevelu, muguet, aphtes, infec­tions bucco-​pharyngées
  • Les racines bouil­lies dans du vinai­gre : tonique du cuir chevelu
  • Macéra­tion : 50g de racine d’ortie + 50g de romarin + 1L d’eau de vie. En fric­tion du cuir chevelu (active la pousse des cheveux)
  • Feuilles et racines + racine de bar­dane + thym : en décoc­tion con­tre la chute des cheveux
  • Suc d’ortie sur un tam­pon de coton con­tre les épis­taxis (saigne­ments de nez)
  • Une poignée de plante entière pour ½ L d’eau. Bouil­lir 30mn? En gar­garismes, lavages de bouche con­tre muguet, aphtes, infec­tions bucco-​pharyngées

Médecine vétéri­naire

  • suites de refroidisse­ment du bovin : plonger l’animal dans un trou rem­pli d’orties et recou­vert de fumier pen­dant 3h
  • sur les cornes cassés avec une hémor­ragie : orties pilées avec du sel
  • con­va­les­cence des mal­adies rénales : orties cuites
  • con­tre les rhu­ma­tismes : décoction
  • con­tre le météorisme : infu­sion ou foin d’ortie
  • galac­togène
  • poil bril­lant et aspect fringant du cheval : ortie avec l’avoine
  • meilleure ponte des poules : graines d’orties dans la pâtée
  • désodor­isant, cica­trisant, revitalisant

Homéopathie (usage vétérinaire)

  • agalac­tie, drainage cutanée, inflam­ma­tions, présence de sang dans le lait con­tre les piqûres d’insectes : com­presse de teinture-​mère
  • con­tre l’urticaire avec de petites vésicules sur tout le corps, pru­rit intense : Urtica urens 45 CH

Risques

ne pas utiliser les graines : elles sont dangereuses


L’ortie dans la Phar­ma­cie du Bon Dieu de Maria Treben

J’ai pu con­seiller à une mère de sept enfants, qui souf­frait con­stam­ment d’eczéma depuis la nais­sance de son dernier enfant, de boire de la tisane d’orties.

En peu de temps l’eczéma avait dis­paru et avec lui les maux de tête dont elle souf­frait égale­ment depuis cette époque. Comme l’ortie aide en cas de cal­culs rénaux et uri­naires, et que je pen­sais que les reins ne fonc­tion­naient plus très bien depuis le dernier accouche­ment, je lui con­seil­lait cette tisane. Lors des mal­adies des reins on souf­fre sou­vent de maux de tête. Comme sou­vent l’eczéma a une cause interne, il doit être traité par l’intérieur, au moyen de plantes dépuratives.

L’ortie est notre plante médic­i­nale la plus dépu­ra­tive et à la fois hémo­plas­tique. Comme elle exerce une influ­ence sur le pan­créas, la tisane à l’ortie per­met de faire baisser le taux de gly­cémie. Elle guérit égale­ment les mal­adies et les inflam­ma­tions des voies uri­naires et les urines mal­adives. Comme elle facilite égale­ment les selles, elle peut tout par­ti­c­ulière­ment être con­seil­lée pour une cure de printemps.

Cure d’ortie

Pen­dant qua­tre semaines au print­emps avec les jeunes pousses et en automne après le regain, lorsque les jeunes pousses ressor­tent un peu partout. Boire une tasse le matin à jeun, une demi-​heure avant le petit déje­uner, et une ou deux tasses répar­ties au cours de la journée, par gorgées.

En médecine pop­u­laire, la tisane à l’ortie est con­seil­lée comme cure de quelques semaines con­tre les trou­bles du foie et de la rate, les mal­adies de la rate, même con­tre les tumeurs de la rate, en cas de glaires d’estomac et des voies res­pi­ra­toires, de cram­pes et d’ulcères d’estomac, d’ulcères intestin­aux et de mal­adies pulmonaires.

Afin de préserver les pré­cieuses sub­stances, la tisane ne doit pas être bouil­lie mais ébouillantée.

A titre préven­tif, on boit la tisane à rai­son d’une tasse par jour seule­ment, pen­dant toute l’année. Elle offre égale­ment de grands ser­vices en cas de mal­adies virales et d’élimination de bactéries.

A par­tir d’un cer­tain âge, la teneur en fer du corps se réduit. Ceci provoque une cer­taine fatigue et même un cer­tain épuise­ment. Dans ce cas, l’ortie fraîche et con­tenant du fer est source de suc­cès considérables.

En cas d’hydropisie, les pro­priétés diuré­tiques de l’ortie font leurs preuves. Ses sub­stances hémo­plas­tiques sont d’un grand sec­ours en cas de pâleur, d’anémie et d’autre mal­adies graves du sang. En asso­ci­a­tion avec d’autres sim­ples, on utilise égale­ment l’ortie avec suc­cès con­tre la leucémie.

Si on souf­fre d’une forme quel­conque d’allergie, on boit de la tisane d’ortie pen­dant un laps de temps pro­longé. L’ortie aide les per­son­nes dis­posées aux refroidisse­ments et est utile en cas de goutte et de rhumatismes.

Une dame avait été sous traite­ment pen­dant 3 ans à cause d’une douloureuse sci­a­tique. En l’espace d’un semes­tre, ses douleurs dis­parurent après six bains com­plets à l’ortie con­tenant 200g de plante chacun.

Chevelure peu fournie : Se laver la tête avec la décoc­tion d’orties fraîches, puis addi­tion­nelle­ment avec la décoc­tion de racines d’ortie. De semaine en semaine, la chevelure se rétablit et repousse drue. La tein­ture d’ortie est par­ti­c­ulière­ment bien­faisante pour tous types de cheveux. Le cuir chevelu ne con­tient plus de pel­licules, les cheveux sont sou­ples, drus, doux et brillants.

L’ortie est égale­ment d’un grand sec­ours en cas de vaso-​constriction. Cer­taines per­son­nes qui en souf­frent pour­raient éviter une ampu­ta­tion de la jambe, si elles pre­naient à temps des bains de pieds aux racines d’ortie.

Toutes les cram­pes, qu’elle que soit leur prove­nance, indiquent des trou­bles de la cir­cu­la­tion sanguine.

Il est con­seillé dans ce cas de faire des lave­ments et des bains con­tenant une décoc­tion d’orties. Ceci est égale­ment val­able dans le cas spé­cial de con­stric­tion des vais­seaux coro­n­aires. On se penche au dessus de la baig­noire, lave la région du coeur avec la décoc­tion d’orties, tout en mas­sant cette région légèrement.

Une bavaroise de 51 ans souf­frait d’une fis­tule depuis 28 ans et les douleurs qui en résul­taient étaient inde­scriptibles. Le pro­fesseur en médecine qu’elle avait con­sultée déclara que l’issue d’une opéra­tion n’était pas cer­taine car la fis­tule se trou­vait sur la fig­ure, sur la pommette.

En 1978 elle alla trou­ver un guéris­seur qui fut avant tout très com­préhen­sif à son égard. Il lui pre­scrivit des cru­dités, des exer­ci­ces res­pi­ra­toires et la psycho-​cybernétique. Les douleurs dev­in­rent sup­port­a­bles mais aucune guéri­son ne survint.

En mars 1979, elle com­mença à cueil­lir les pre­mières orties fraîches et but tous les jours 3 tasses de tisane avec respec­tive­ment une cuillerée à café de Liqueur du Sué­dois. Elle écrit : Au bout de 14 jours exacte­ment, la fis­tule qui se trou­vait sur ma joue avait guéri, met­tant fin à mes souf­frances, et ce , jusqu’à aujourd’hui (nov 79)

Une femme avait bu pen­dant des mois de la tisane d’ortie, tous les jours. Non seule­ment elle ne ressen­tait plus ni fatigue ni épuise­ment mal­gré un tra­vail quo­ti­dien pénible, mais encore un cor sup­pu­rant qui lui cau­sait des douleurs jusque dans la cuisse, avait dis­paru, de même qu’un champignon aux ongles qui aurait dû être enlevé opéra­tive­ment à l’hôpital. Une autre femme m’écrivit que les orties l’avaient guérie d’un eczéma très douloureux et très ancien.

Un con­seil qui peut vous aider : com­mencez dès aujourd’hui une cure à base d’orties. Les herbes séchées sont en vente dans toutes les phar­ma­cies ou herboristeries.

Don­nez à nos sim­ples la place qui leur revient, chez vous. Au print­emps, munis de gants et de ciseaux, allez dans la nature. Quelle joie de cueil­lir soi-​même les orties. Plus elles sont util­isées fraîches plus le suc­cès thérapeu­tique est grand. N’oubliez pas non plus une réserve d’hiver, les orties de mai étant les meilleures à cet effet.

Formes d’utilisation

  • Tisane : ébouil­lanter une càc avec ¼ L d’eau, laisser infuser peu de temps
  • Tein­ture d’ortie : laver les racines déter­rées au print­emps ou en automne et les brosser, les couper menu et les rem­plir dans une bouteille jusqu’au goulot. Recou­vrir d’eau de vie de grain à 38 40% et laisser reposer 14 jours dans un endroit chaud
  • Bain de pieds : faire macérer dans 5 litres d’eau pen­dant la nuit 2 poignées bien rem­plies de racines bien lavées brossées ainsi que d’orties fraîches (tiges et feuilles), et les porter à ébul­li­tion le lende­main. Pren­dre un bain de pieds aussi chaud qu’on peut le sup­porter, pen­dant 20 mn. Les orties restent dans l’eau pen­dant le bain de pieds. ce dernier peut être réu­til­isé réchauffé 2 à 3 fois.
  • Sham­poo­ing : réchauf­fer légère­ment à petite flamme 4 à 5 fois le con­tenu de 2 poignées bien rem­plies d’orties fraîches ou séchées dans un récip­i­ent de 5 litres rem­pli d’eau froide. Laisser infuser 5mn. Si on utilise des racines d’orties, on en fait macérer une bonne poignée dans de l’eau froide pen­dant la nuit, on les réchauffe le lende­main jusqu’à ébul­li­tion, et on laisse ensuite infuser 10mn. Pour laver la tête, on devrait en ce cas, utiliser un savon de marseille.

Une vidéo sur l'ortie par Flora Médicina